AG et premières restitutions du BIK : compte-rendu
À l'occasion de son Assemblée Générale, organisée le 30 juin en Dordogne, le BIK a réuni les acteurs de la filière pour dresser le bilan de l'année écoulée et échanger sur les enjeux à venir.
À l’occasion de son Assemblée Générale, organisée le 30 juin en Dordogne, le BIK a réuni les acteurs de la filière pour dresser le bilan de l’année écoulée et échanger sur les enjeux à venir. Cette journée a également marqué le lancement d’un cycle de trois restitutions techniques, dont les deux premières se sont tenues les 30 juin et 9 juillet. Elles ont permis de présenter les dernières avancées des travaux de recherche-expérimentation menés par le BIK autour de trois grands enjeux : l’adaptation au changement climatique, la lutte contre les ravageurs et la protection de l’origine France. Une troisième restitution viendra clôturer ce cycle le 22 septembre à Beauchastel (07).
Une interprofession engagée au service de la filière
Comme chaque année, l’Assemblée Générale a constitué un moment privilégié d’échanges entre les adhérents du BIK. Au-delà de l’approbation des rapports statutaires et de la validation de l’activité de l’interprofession, cette rencontre a permis de revenir sur les nombreuses actions conduites au cours de l’année : promotion collective du kiwi français, recherche-expérimentation, défense de l’origine France, accompagnement technique des producteurs, suivi des normes et production de références statistiques. Les adhérents ont également exprimé leurs attentes face aux défis auxquels la filière est confrontée, notamment en matière de renouvellement des vergers, d’adaptation au changement climatique et d’innovation technique. Les travaux engagés par le BIK sur ces différents sujets ont été présentés, illustrant la volonté de l’association d’anticiper les enjeux de demain.
Une reconnaissance en AOPn pour renforcer l’action collective
L’un des temps forts de cette Assemblée Générale a été consacré à la reconnaissance du BIK en tant qu’Association d’Organisations de Producteurs nationale (AOPn). Cette évolution marque une étape importante dans la structuration de la filière française du kiwi. Elle permettra de renforcer la coordination entre les organisations de producteurs, de développer des actions collectives plus ambitieuses et de consolider les moyens d’action au service de la compétitivité et de la pérennité de la production française. À cette occasion, Pierre Venteau, directeur de l’ANPP, est venu partager le retour d’expérience de la filière pomme et poire, mettant en lumière les opportunités offertes par ce statut pour accompagner le développement des filières arboricoles.

Préparer le renouvellement des générations

La question de la transmission des exploitations a également occupé une place importante lors des échanges. Alors qu’un quart des vergers français est aujourd’hui exploité par des producteurs de plus de 60 ans, le renouvellement des générations représente un enjeu majeur pour l’avenir de la filière. Le témoignage de Gilles Lambert est venu illustrer concrètement les solutions pouvant être mises en œuvre pour préparer cette transition. Grâce à un contrat de parrainage, ses successeurs ont pu l’accompagner pendant une année culturale complète avant la reprise de l’exploitation, favorisant ainsi une transmission progressive des savoir-faire.
Des restitutions techniques au service des producteurs
L’après-midi du 30 juin, puis la seconde journée organisée le 9 juillet, ont été consacrées aux restitutions techniques du BIK. Ces rencontres ont permis aux participants de découvrir les derniers résultats des travaux de recherche-expérimentation menés par l’interprofession. Les différents programmes présentés s’articulent autour de trois grandes priorités : l’adaptation au changement climatique, la lutte contre les ravageurs et la protection de l’origine France. Menés en partenariat avec de nombreux organismes de recherche et de développement, ils visent à apporter des références scientifiques solides et des solutions concrètes pour accompagner les producteurs.


Adapter les vergers au changement climatique
Le dépérissement des vergers demeure aujourd’hui l’un des principaux défis techniques de la filière. Les travaux présentés lors des restitutions ont confirmé le rôle déterminant de l’anoxie racinaire, en interaction avec les conditions climatiques et les pratiques d’irrigation.
Les participants ont pu découvrir les avancées des essais actuellement conduits sur différents leviers d’adaptation, notamment les techniques de remédiation, les matériels d’irrigation et les porte-greffes. Les résultats de la thèse soutenue en 2025 sont également venus enrichir les connaissances sur ce phénomène complexe.
Autre axe de recherche majeur : l’agrivoltaïsme. Le BIK poursuit, en partenariat avec Sun’Agri, le premier essai international consacré au comportement du kiwi Hayward cultivé sous ombrières photovoltaïques dynamiques. Après une première année d’expérimentation, les observations montrent déjà des différences notables entre les modalités étudiées, ouvrant des perspectives prometteuses pour l’adaptation des vergers au changement climatique.
Poursuivre la lutte contre la punaise diabolique
La punaise diabolique (Halyomorpha halys) reste l’un des principaux ravageurs du kiwi. Depuis 2019, le BIK multiplie les travaux afin de mieux comprendre sa biologie et d’identifier des solutions de lutte durables.
Après avoir développé un réseau de piégeage, caractérisé les dégâts causés sur les fruits, validé un modèle de prédiction des pics de ponte et testé différentes méthodes de régulation dans le cadre du projet POLCKA, le BIK poursuit désormais ses recherches au sein du projet PACTE.
Ce programme national explore de nouvelles approches de lutte agroécologique, notamment la lutte biologique à l’aide de parasitoïdes, les pièges phéromonaux, les dispositifs d’hivernage ou encore les stratégies « d’attract-and-kill ». Les premiers résultats obtenus permettent déjà d’améliorer la connaissance de ce ravageur et d’orienter les futurs travaux de recherche.
Renforcer la protection de l’origine France
Les restitutions techniques ont également permis de faire le point sur les avancées de la base de données « Origine France », développée par le BIK pour lutter contre les fraudes à l’origine des kiwis.
Reposant sur des analyses isotopiques et de résonance magnétique nucléaire (RMN), cet outil scientifique est désormais utilisé en routine par le laboratoire Eurofins. Grâce à l’enrichissement continu de la base de données, les performances atteignent aujourd’hui 100 % de reconnaissance de l’origine France et 93 % de reconnaissance de l’origine étrangère, faisant de cette base l’une des plus performantes actuellement disponibles.
Le BIK poursuivra les travaux d’amélioration de cet outil tout en développant les analyses de contrôle afin de renforcer la protection du kiwi français.
Une filière tournée vers l’avenir
Entre les échanges de l’Assemblée Générale et les présentations techniques, ces journées ont illustré la dynamique qui anime aujourd’hui la filière du kiwi français. Structuration de l’interprofession, préparation du renouvellement des générations, innovation technique, adaptation au changement climatique et protection de l’origine française constituent autant de leviers pour accompagner durablement les producteurs.
Cette dynamique devrait se poursuivre dans les prochains mois avec une troisième restitution technique prévue le 22 septembre en Ardèche, ainsi qu’avec le lancement de nouveaux projets de recherche, actuellement en cours d’instruction auprès de différents financeurs.